Des pratiques innovantes

Les pratiques des producteurs et productrices bio ne se résument pas aux normes définies par le cahier des charges européen. Dans la pratique, les producteurs bio s’ingénient chaque jour à trouver les moyens pour assurer la cohérence entre leurs techniques, leur vision de l’agriculture, leurs objectifs de vie et de travail. Pour ce faire, ils  expérimentent et innovent individuellement et collectivement mais aussi avec les instituts de recherche pour améliorer constamment leurs pratiques, vers une agriculture biologique résolument viable et équitable.

©AgroBio-Perigord-Plateforme-essais-Techniques-Culturales-Simplifiees2 Plateforme d'essais TCS en bio. ©AgroBio Périgord

Une démarche de progrès permanent

L’agriculture biologique correspond à une vision exigeante de l’agriculture : respecter l’Homme, l’animal et les équilibres naturels, se passer des solutions de l’agrochimie, chercher l’autonomie et la cohérence sur sa ferme et dans son territoire… Passer et produire en bio, c’est une opportunité de redécouvrir son métier, d’explorer le fonctionnement du sol et des animaux, de comprendre mieux les apports de la biodiversité cultivée et apprivoisée.

De fait, afin de répondre et de dépasser les exigences du cahier des charges, en accord avec leur vision ambitieuse de l’agriculture bio, les producteurs bio expérimentent en continu sur leur ferme. Ils développent de nouvelles techniques de production et de nouveaux équipements, sélectionnent des variétés et des races adaptées à la bio, essayent d’autres organisations du travail, des coopérations nouvelles et bâtissent des relations commerciales plus équitables.

En se passant volontairement des techniques issues de l’agrochimie (engrais de synthèse, produits phytosanitaires de synthèse, OGM) et en cherchant à limiter l’emploi d’antibiotiques, les producteurs bio sont tenus d’innover, par eux-mêmes et par l’échange entre collègues.

Concrètement, les champs d’innovation en bio sont vastes et de nombreux essais voient le jour dans les fermes des producteurs bio et dans les stations expérimentales des réseaux d’accompagnement (GAB, chambres, ITAB, etc.). Voici quelques exemples que vous retrouverez développés sur ce site :

  • Productions végétales
  • Productions animales :
    • enquête sur le séchage en grange en Normandie
    • réseau de fermes d’essais de rotations techniquement et économiquement viables,
    • techniques préventives et curatives contre la maladie d’amaigrissement des porcelets (MAP),
    • gestion du pâturage tournant dynamique,
    • expérimentations de traitements alternatifs sur les cellules et les mammites en bovin lait

Vous pouvez retrouvez des articles techniques sur les pratiques des paysans bio dans les pages Pratiques à la ferme Filières & Marchés

Publications récentes

 

50 % des surfaces en agroforesterie en France sont conduites en bio ! C’est un rapport du CGAAER qui l’affirmait en 2014. En 2016 est paru un recueil sur les expériences de producteurs bio qui ont implanté des parcelles en agroforesterie. Ces producteurs témoignent de leurs objectifs, des écueils rencontrés et des solutions construites pour leur permettre de valoriser les atouts des interactions entre arbres et cultures en bio.

De la même façon, un recueil édité par la CAB Pays-de-la-Loire a rassemblé les savoir-faire de producteurs en grandes cultures dans un recueil, paru en 2017. Les producteurs présentent leurs essais en matières de variétés populations et certifiées, d’itinéraires techniques, de gestion de la fertilité du sol et de désherbage…

 

 

Et la recherche institutionnelle ?

Les travaux de ces agriculteurs inspirent la recherche et les instituts techniques qui y trouvent des solutions innovantes pour la bio et pour réinventer l’agriculture conventionnelle. Dans l’autre sens, les travaux de la recherche apportent également des éléments de réponses et viennent nourrir les réflexions des paysans bio.

L’Institut Technique de l’Agriculture Biologique (ITAB), fondé par plusieurs associations de producteurs et  de  conseillers en 1982, coordonne aujourd’hui les travaux de recherche et d’expérimentation en bio du réseau des producteurs bio et des chambres d’agricultures et construit des partenariats de recherche avec de nombreux acteurs : CTIFL, Arvalis – Institut du végétal, Institut de l’élevage, INRA, etc. Depuis 2012, l’ITAB est un institut technique qualifié, reconnu par le ministère de l’agriculture.

La recherche paysanne, vue par Thierry Mercier, producteur bio et Président de l’ITAB :

En savoir plus sur les travaux de l’ITAB…

 

L’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) travaille également sur l’agriculture biologique. Depuis de nombreuses années, quelques chercheurs de l’INRA travaillent individuellement sur l’agriculture biologique. En 2000, l’INRA a accru la place de la bio dans ses travaux. Aujourd’hui un quart des stations expérimentales de l’INRA sont tout ou partie converties en bio.

La recherche et l’agriculture biologique, vue par Laurent Hazard, Directeur de recherche, INRA Toulouse :

 . ©S. Chignard, FNAB, sept. 2016

« L’AB peut […] être considérée comme un prototype d’une agriculture respectueuse de l’environnement et économe en ressources fossiles. […] Des travaux sont spécifiquement dédiés à l’AB, travaux pouvant aussi être mis à profit par d’autres formes d’agriculture. L’AB mobilise fortement les processus qui fondent l’agroécologie, une des priorités scientifiques de l’INRA. Un effort est ainsi réalisé pour que les recherches menées dans l’Institut puissent être mobilisées par les acteurs de l’AB (par exemple sur la biodiversité fonctionnelle, la génétique, la gestion des résistances et des mécanismes de défense naturelle des plantes et des animaux, la fertilité des sols, les marchés). »

Philippe MAUGUIN, PDG de l’INRA dans L’INRA et l’Agriculture Biologique, 2017