La filière apicole biologique
Apiculture bio, de quoi parle-t-on ?
Localisation des ruches, nourissement (et plus généralement intrants) biologiques, abandon de la pharmacopée chimique de synthèse : voici les principaux points règlementaires du cahier des charges de l’apiculture bio. On parle d’apiculture biologique si l’apiculteur respecte les pratiques du cahier des charges européen, et s’il obtient sa certification à l’issue d’un contrôle rigoureux. Le miel bio existe bel et bien, c’est un produit issu de l’agriculture biologique, contrôlé et certifié par un organisme indépendant agréé. Les autres produits de la ruche (pollen, gelée royale, propolis, …) peuvent également être certifiés bio.
Qu’on ne s’y trompe pas : la certification Agriculture Biologique, en apiculture comme dans les autres filières, est d’abord une obligation de moyens et non de résultats. Le cahier des charges européen est en effet basé sur la volonté d’assainir les pratiques agricoles pour tendre vers une amélioration globale et progressive de la qualité des aliments et une diminution des pollutions. Les contrôles ciblent donc en priorité les méthodes, les produits et les itinéraires techniques employés par les apiculteurs. Les analyses de produits attestant l’absence de molécules chimiques ne sont pas systématiques et visent plus à détecter d’éventuelles fraudes sur les pratiques des apiculteurs eux–mêmes ou des fournisseurs plutôt que la présence de contaminants extérieurs dont l’apiculteur ne serait pas responsable.
Découvrez en détail le cahier des charges de l’apiculture bio grâce à la fiche réglementation dédiée.
Plus de 1400 apiculteurs bio en France
La France compte fin 2024, 1 492 apiculteurs engagés bio (AgenceBio, 2025), soit deux fois plus qu’en 2018. Plus de 250 000 ruches sont conduites en bio sur le territoire national. La moitié du cheptel est concentré dans les deux plus grandes régions apicoles : Auvergne-Rhône Alpes et Occitanie.
L’estimation de la production de miel certifié biologique en 4 500 tonnes en 2023, soit 15% de la production totale de miel en France et 69% de la gelée royale produite est certifiée bio(FranceAgriMer, 2023).
Consommation et marché du miel bio
En 2023, dans le cadre du étude réalisée par AND-International pour l’Agence Bio, la consommation de miel a pu être estimée en volume. Le marché du miel s’élèverait à près de 6 080 tonnes pour une valeur de 85M€ au stade détail consommateur. Pour plus de détails, l’étude sur la consommation alimentaire des ménages en produits alimentaires biologique de 2024.
En bref, l’apiculture biologique fin 2023 en France, c’est
- 1 396 fermes certifiées bio et 96 en conversion
- 265 140 ruches engagées en bio
- 22,5 % du cheptel national
- 15% de la production de miel en France
Et en Europe ?
En 2020, le nombre de ruches biologiques a approché 1,1 milion dans l’Union européenne. Les principaux pays producteurs de miel bio sont la Bulgarie (22% du nombre total de l’UE), l’Italie (18%), La Roumanie (17%) et la France (12%). Le miel de lavande a représenté 19 % de la production française de miel bio en 2020.
L’UE est le premier marché mondial pour le miel bio notamment en Allemagne et au Royaume-Uni. Les productions bulgare et roumaine de miel bio sont principalement destinées à l’exportation et les principales destinations du miel bio roumain sont l’Allemagne et l’Europe du Nord.
Pour plus de détails, les chiffres 2021 de l’Agence Bio sur la bio dans l’Union Européenne.
Les enjeux techniques
Vous souhaitez avoir une vision globale et synthétique des problématiques des apiculteurs en bio ? Un documentaire de 28 minutes, réalisé par Thierry Derocles de la coopérative de production Direction Humaine des Ressouces (DHR), apporte des éléments concrets issus des journées techniques sur l’apiculture biologique organisées par le réseau FNAB et ces partenaires dans 4 régions en 2015. Il met en lumière les besoins des apiculteurs en termes d’échanges techniques, règlementaires, économiques pour pérenniser leur activité. Un focus est réalisé sur le sujet de la gestion « varroa » en apiculture biologique.
Les défis de la filière apicole bio
« Jusqu’à il y a peu, l’apiculture bio n’était traitée que de manière relativement marginale par les différentes organisations techniques, syndicales ou de développement. Le réseau FNAB travaille en collaboration avec elles au niveau national aussi bien que régional pour faire en sorte que ces organisations intègrent la bio dans leurs activités respectives, pour qu’elles se sentent évidement et naturellement missionnées sur la bio comme sur n’importe quelle autre pratique apicole.
Ceci passe naturellement par la mobilisation des apiculteurs bio eux-mêmes au sein du réseau FNAB. Les apiculteurs y trouveront une vraie expertise de réseau qui leur permettra de décupler l’effet de leurs actions grâce aux échanges avec les autres régions, et pourront s’impliquer dans le choix des thématiques prioritaires. Celles-ci sont nombreuses : cire, fraudes, valorisation économique de notre production, évolutions règlementaires, achats groupés, retours et partages d’expériences techniques ou économiques… Nous ne serons jamais trop nombreux pour nous passer de l’énergie de chacun d’entre nous, alors mobilisez-vous ! »
Cyril Way, apiculteur bio à Villeconin (91), référent professionnel apiculture à la FNAB
