Parasitisme chez les petits ruminants : Quelles réponses de nos confrères européens ?

Publié le : 2 mai 2017

L’accès des ruminants aux pâturages pour brouter est un pilier de l’agriculture biologique, que la réglementation européenne réaffirme: Article 14 du règlement (CE) N°834/2007 et art. 14 du règlement (CE) N°889/2008. Or, à certaines périodes de l’année, la sortie des petits ruminants (ovins et caprins) peut rendre plus délicate la gestion du parasitisme interne. Les éleveurs et organismes de recherche européens tentent de trouver des solutions pour mieux gérer la pression parasitaire sans compromettre la sortie des troupeaux. Quelques exemples venus de Belgique et d’Allemagne.

 

Un arbre de décision pour aider les éleveurs à améliorer la gestion de leurs parcours et de leur troupeau :

Extrait de l’arbre de décision pour les ovins

Un projet financé par le ministère fédéral allemand de l’agriculture a abouti à la création d’un arbre d’aide à la décision en ligne à destination des éleveurs bio de ruminants. Pour chaque espèce, une série de questions ciblées précède une liste de préconisations permettant à l’éleveur de limiter au maximum la pression parasitaire dans son élevage. L’objectif principal est d’améliorer la gestion des parcours et de limiter l’emploi de traitements vétérinaires grâce à des réponses personnalisées en fonction des caractéristiques de la ferme. Parmi les recommandations principales on retrouve notamment : assurer au moins 12 semaines de repos des prairies, toujours effectuer une fauche intermédiaire entre deux périodes de pâturage, effectuer une rotation entre les espèces qui pâturent (alterner petit ruminants et chevaux par exemple), etc.

Projet « Weideparasiten » (parasitisme et pâturage)

Plus de détails (en allemand) :

L’influence de l’alimentation :

Le CCBT, un centre de recherche en agriculture biologique belge (Flandres) a conduit une étude sur l’intérêt des tourteaux issus de différentes variétés de plantes contre la coccidiose chez les caprins. Les expérimentations menées sur deux groupes de chevreaux ont montré des résultats intéressants. La contamination s’est révélée bien moindre sur le groupe test que sur le groupe témoin. Elle a aussi eu une incidence bien inférieure sur la croissance des animaux du groupe test. Au final, le groupe test présentait un poids plus important lors de la première lactation ainsi qu’une production de lait plus importante. Malgré le surcoût lié à cette alimentation particulière, il ressort de l’étude un réel avantage économique pour les éleveurs : le coût plus élevé de l’aliment est largement compensé par l’augmentation de la production de lait. Les tourteaux utilisés étaient issus du pressage de noix, graines de lin, tournesol, chardon-marie, amandes, noyaux d’abricots et pépins de raisins. La composition de ces tourteaux a été complétée par certaines variétés de plantes : thym, ail, romarin, armoise, aneth, raifort, céleri, origan, chiendent, persil et anis. C’est une société allemande de production d’aliments du bétail biologique (Biomühle & Kräuterfutter) qui a fourni les tourteaux issus de ces mélanges.

La kamala, un traitement naturel contre les parasites internes ?

Kamala – fruits

Mallotus philippensis, aussi appelé kamala, est une plante originaire d’Inde et d’Asie du Sud Est. Cet arbuste produit des fruits recouverts d’une sorte de bogue de couleur rouge, reconnue depuis des siècles pour son action antiparasitaire.

En Allemagne, des expérimentations sont menées dans des élevages biologiques et biodynamiques sur l’action de la kamala, dont l’efficacité serait supérieure aux traitements homéopathiques, contre les parasites internes (vers de l’estomac, de l’intestin et pulmonaires, ainsi que la douve de foie). En fonction du type de parasite, son indication varie légèrement : avant et/ou pendant, voire même après la période de pacage. La bogue rouge réduite sous forme de poudre est intégrée à l’alimentation des animaux. De préférence avec des aliments appréciés du bétail, car bien qu’insipide, les expériences ont montré que les animaux ne raffolent pas de la kamala. L’action de la plante est simple : la kamala attaque le système nerveux des vers qui peuvent ainsi être éliminés très rapidement par les ruminants. Nul besoin d’administrer également un purgatif, puisque la plante a aussi un effet laxatif.

A l’heure actuelle au niveau européen, la kamala est autorisée en tant qu’additif pour l’alimentation du bétail, mais ne bénéficie pas d’autorisation de mise sur le marché pour être commercialisée en tant que traitement.