Christophe Hérault, éleveur de porcs bio post sevreur et engraisseur en bâtiment

Publié le : 26 mars 2019

Le guide « Élever des porcs bio » de la FNAB rassemble des repères sur la filière porcs bio française, les principaux points réglementaires, des conseils pour construire un projet adapté à ses objectifs et des témoignages d’éleveurs de différents systèmes. Parmi eux, Christophe Hérault, post sevreur et engraisseur en bâtiment, installé dans les Deux-Sèvres, produit 550 porcs par an. Il explique sa trajectoire personnelle, l’organisation de son atelier, ainsi que les facteurs de réussite et points de vigilance techniques, économiques et humains.

Pouvez-vous présenter votre ferme ?

Je suis dans une ferme familiale, le GAEC Le Tillac, en polyculture et poly-élevage, sur 70 ha de cultures et de prairies. Notre ferme a une approche systémique : les animaux apportent la fumure à la terre pour les cultures et les cultures nourrissent les animaux. Notre SAU (Surface Agricole Utile) est cohérente par rapport au nombre d’animaux présents sur la ferme.

Pourquoi avez-vous lancé un atelier porc sur votre ferme ?

Nous sommes deux personnes sur la ferme (2 UTH). Mon fils s’est installé en 2010. La crise de l’agneau l’a fait changer de production : il est passé de l’ovin allaitant à la production de porcs.

Quels ont été les investissements nécessaires ?

Le bâtiment porc a été auto-construit en 2014 à partir d’un bâtiment repris chez un autre producteur pour un montant de 70 000 € avec la fabrication d’aliment à la ferme. Nous avons une surface de 480 m² pour l’engraissement et 80 m² pour le post sevrage. L’atelier porc comprend 240 emplacements pour le post sevrage et l’engraissement avec une production de 550 porcs charcutiers par an.

Nous avons investi dans 4 cellules neuves de stockage avec un cône de ventilation pour conserver les céréales d’un montant de 11 000 €. C’est un confort de travail qui mérite l’investissement.

Quels sont les éléments à connaître et à maîtriser pour réussir ce type de production ?

Les porcelets, fournis par deux naisseurs du groupement Bio Direct, arrivent à 6 semaines entre 8 et 12 kg. La période du post sevrage entre le 5ème jour et le 10/12ème jour demande beaucoup d’observation. Entre deux lots de post sevrage, il est nécessaire de bien désinfecter et faire un vide sanitaire de 8 jours. J’emploie des produits à base de plantes.

Pour l’engraissement, il est essentiel que le bâtiment soit propre et paillé régulièrement, car l’ammoniac se dégage facilement. La bonne ambiance du bâtiment (bien aéré et sec) permet de limiter les problèmes de boiterie. Nous produisons 60 % de l’alimentation des porcs. C’est un atout économique indéniable dans une optique d’autonomie.

Enfin, pour l’enlèvement des animaux j’ai aménagé un quai d’embarquement avec plusieurs cases, ce qui permet important de limiter le stress des animaux en les isolant.

Comment commercialisez-vous votre production ?

Nos porcs charcutiers sont valorisés au sein de la filière Bio Direct. Ce groupement garantit une transparence sur les prix et le chiffre d’affaires.

Facteurs de réussite

Des investissements cohérents :

  • Le bâtiment en auto-construction a limité le coût de la conversion ;
  • L’investissement dans une fabrication d’aliment à la ferme avec une capacité de stockage adaptée à chaque matière première garantit un confort de travail et une autonomie.

Une organisation du travail qui limite les risques à la période décisive du post-sevrage :

  • L’éleveur pratique un vide sanitaire entre 2 lots de post-sevrage ;
  • L’éleveur consacre du temps à l’observation des porcelets.