Elevage

L’élevage bio doit se conformer aux besoins spécifiques des différentes espèces animales et tenir compte des deux grands principes en bio qui sont le lien au sol et le respect du bien-être animal. Les animaux, nourris avec des aliments naturels, sains et variés, sont eux-mêmes source de fumure organique permettant le maintien de la fertilité des sols. L’efficacité économique de l’élevage repose très fortement sur ses possibilités d’autonomie alimentaire.

 

Les animaux naissent et sont élevés en bio : conversion et origine des animaux

Les pâturages, parcours et aires d’exercices extérieures sont soumis à une conversion de 2 ans, qui peut être réduite sous certaines conditions (non utilisation de produits interdits, par exemple). La durée de conversion des animaux est variable selon les espèces de 6 semaines à 12 mois. Une conversion simultanée en 2 ans des animaux et des surfaces est possible.

Les animaux bio doivent naitre et être élevés en bio, mais il est possible d’acheter des animaux conventionnels si des animaux bio ne sont pas disponibles. Sauf pour les volailles, cela n’est possible qu’à des fins de reproduction (pas d’engraissement en bio d’animaux conventionnels). Les achats de femelles nullipares conventionnelles sont limités en quantité sauf pour la première constitution de cheptel, avec des exceptions en cas de forte mortalité, de catastrophes…

L’ensemble des animaux est élevé en bio : règles de mixité

La mixité de production bio/non bio est interdite sur les mêmes espèces. Pour des espèces différentes, la mixité est possible à condition de bien séparer les unités.

Respect du bien-être et de l’éthologie

Les densités sont limitées, que ce soit dans les bâtiments ou sur les parcours. Les bâtiments sont adaptés aux animaux (lumière naturelle, aérations, 50% minimum du sol sans caillebotis et paillé, nombre de nids minimum pour les volailles, perchoirs pour les poules…). Les cages sont interdites, ainsi que l’attache (sauf pour les anciens bâtiments et les petites exploitations).

L’accès au plein air, aux pâturages pour les herbivores, est obligatoire lorsque les conditions météo le permettent (des exceptions sont prévues à certains stades fragiles).

La reproduction recourt de préférence à des méthodes naturelles. Toutefois, l’insémination artificielle est autorisée. Les traitements à base d’hormones ou de substances analogues ne sont possibles, sauf dans le cadre d’un traitement vétérinaire individuel. Le clonage et le transfert d’embryons sont interdits.

Seul un petit nombre de mutilations est autorisée (castration, écornage, coupe des queues des moutons et épointage des volailles). A l’exception de la castration, ces opérations ne peuvent être réalisées systématiquement. Elles doivent être faites à l’âge approprié, sous certaines conditions.

Une alimentation adaptée aux animaux et liée au territoire

L’alimentation des animaux bio répond à trois grands principes :

  • bio : à 100% pour les herbivores, 95% pour les monogastriques. Il est possible d’utiliser des aliments en deuxième année de conversion (30% en achat extérieur, 100% en autoproduction), voire des fourrages autoproduits en première année de conversion (20% maximum).
  • adaptée à l’animal : 60% minimum de fourrages grossiers pour les herbivores, lait naturel pour les jeunes…
  • produite principalement à la ferme, ou, si cela n’est pas possible, dans la région ou, à défaut, des régions proches.

Les matières premières non bio, additifs, etc. ne peuvent être utilisées que si elles figurent dans la liste dédiée (Annexe VIII du règlement UE n° 889/2008). L’utilisation de facteurs de croissance et d’acides aminés de synthèse est interdite. Enfin, il est interdit de nourrir ses animaux avec des matières premières OGM.

La santé animale, un approche globale

La prévention (alimentation, hygiène, logement, conduite) limite les principaux risques sanitaires. La vaccination est également autorisée en bio.

En cas de maladie, l’élevage bio donne une priorité claire aux traitements homéopathiques et phytothérapiques. Les traitements allopathiques chimiques (y compris antibiotiques) ne sont possibles qu’en curatif et leur nombre est limité (de 1 à 3 par an selon la durée de vie de l’animal, hors traitements obligatoires et vaccins). Seuls les anti-parasitaires ne sont pas limités en nombre. Le délai d’attente légal entre un traitement allopathique et la vente des produits est doublé, et il est de 48h minimum.

Gestion des effluents

Le chargement global doit être tel que la quantité d’effluents ne dépasse pas 170 kg d’N/ha/an (surface épandable). Les effluents excédentaires doivent être contractualisés avec une autre exploitation pour être épandus sur des surfaces bio.

Pour en savoir plus...

Vous pouvez télécharger la fiche réglementaire cadre général de l’élevage pour une description détaillée de ces règles.

Ainsi que toutes les fiches relatives aux espèces animales :

Bovin Lait Bovins Viande Ovins Caprins Porcs
Volailles de chair Poules pondeuses Apiculture Escargots