L’immuno-castration : incompatible avec l’agriculture biologique

Publié le : 13 octobre 2017

La Commission Européenne vient de mettre fin aux débats autour de l’immuno-castration (ou castration chimique) comme alternative à la castration physique des porcs en bio. Elle a récemment confirmé que cette pratique n’est pas conforme aux principes de l’agriculture biologique.

Suite à une question posée par un Etat membre, la Commission européenne s’est penchée sur la question de la compatibilité de la technique de la castration chimique (aussi appelée immuno-castration) avec les principes de l’agriculture biologique. Pour elle, ce mode de castration n’est pas conforme à l’AB dans la mesure où :

  • d’une part, il influence le comportement des animaux et favorise leur croissance, et,
  • d’autre part, le règlement stipule que les traitements vétérinaires ne peuvent être utilisés que pour traiter ou prévenir les maladies.

Cet avis intervient dans un contexte où la castration physique des porcs est de plus en plus sujette à débat. Certains États membres entendent même l’abolir, à l’instar de la Belgique qui a porté en 2012 une initiative visant à interdire cette pratique au niveau européen. Cette démarche avait abouti à la signature en 2010 par le secteur et les ONG de protection des animaux d’une Déclaration européenne des alternatives à la castration physique, dont l’objectif était d’abolir d’ici 2018 la castration physique des porcs. Autre exemple en Allemagne, où une des plus grandes enseignes de la grande distribution (REWE) s’est fixé l’objectif de ne plus commercialiser après 2017 de viande provenant de porcs ayant été castrés.

@FNAB

Avec cet avis de la Commission européenne datant de mai 2017, l’immuno-castration n’est donc plus une alternative à la castration physique envisageable en bio. Cette interdiction s’applique désormais à tous les producteurs européens. En France, elle va très prochainement être ajoutée au guide de lecture pour l’application du règlement bio.

Des programmes de recherche et d’expérimentation sont indispensables pour permettre d’acquérir des connaissances sur les alternatives à la castration à vif et les évolutions possibles en matière d’amélioration du bien-être des porcs, et pour lever les freins à leur développement. Face aux impasses techniques et économiques qui empêchent actuellement l’arrêt de la castration dans les élevages porcins bio, la FNAB poursuit ses réflexions et ses travaux, en lien avec l’ITAB, pour rechercher des solutions ou des alternatives, en cohérence avec les systèmes bio.

Pour en savoir plus :

Guide de lecture du règlement bio disponible sur le site de l’INAO : http://www.inao.gouv.fr/Les-signes-officiels-de-la-qualite-et-de-l-origine-SIQO/Agriculture-Biologique