La filière viticulture bio

De plus en plus de viticulteurs font la démarche de certifier leurs domaines afin de relever de nombreux défis :

  • Produire des raisins de qualité en remplaçant l’emploi de produits de synthèse par des produits minéraux et naturels ;
  • Préserver leur santé et celle de leurs salariés, préserver l’environnement ;
  • Préserver leur terroir et la pérennité de leur vignoble ;
  • Pouvoir répondre à l’attente des clients demandeurs de produits biologiques ;
  • S’engager dans une démarche réglementée et contrôlée, lisible par tous.

La filière viticole bio est une filière dynamique : la production est en constante augmentation et le marché continue de se développer. État des lieux de la filière viticole bio.

Une production dynamique et en constante progression

Source : Agence Bio

En 2015, la filière viticole biologique en France comprend 5 176 exploitations viticoles (dont 4 799 avec du raisin de cuve) avec 68 565 ha de vignes conduits en bio, ce qui représente 8,7% du vignoble national. Les conversions ont connu une très forte progression entre 2008 et 2012 (la conversion dure 3 ans). Cette progression s’est actuellement ralentie avec toutefois 16% des surfaces du vignoble bio actuellement en conversion !

 

 

Source : Agence Bio

En bref, la filière viticole bio, c’est

68 565 ha de vignes conduits en bio (99% vin de cuve)
16% du vignoble en conversion
1,5 million hl de vin bio mis en marché en 2015
670 millions d’euros d’achat de vins bio par les ménages pour la consommation à domicile en France
Entre 2013 et 2015, le vignoble certifié bio a progressé de 37 %.
Dans le même temps, le marché français du vin bio a augmenté de 33 %

Près des ¾ des surfaces de vignes bio sur 10 départements

Source : Agence Bio

Selon l’Agence Bio, en 2015, 10 départements concentrent actuellement 74% des surfaces totales de vignes bio : avec 9 162 ha conduits en bio, le Vaucluse est le premier département, suivi par la Gironde (7 559 ha), le Gard (7069ha) et l’Hérault (6507ha).

Source : Agence Bio

Et en Europe ?

En 2015, plus de 280 000ha de vignes étaient cultivés en bio dans l’Union Européenne, soit environ 9% du vignoble. L’Espagne, l’Italie et la France se partagent 90% du vignoble bio européen.

 

 

Les défis de la filière viticole bio française

« Aujourd’hui, les enjeux pour notre filière sont de deux ordres : il faut pouvoir maintenir le dynamisme actuel sans tomber dans le travers de relations commerciales au détriment des vignerons. Il faut continuer à développer cette filière d’excellence en préservant des prix décents.

Autre point, concernant les conversions, il faut continuer à les soutenir et ne pas s’arrêter là ! Passer en bio, c’est tout de même une amélioration globale du système, une démarche vertueuse. Les aménités positives qu’apporte la bio doivent être reconnues, notamment au travers des aides à la conversion et au maintien. »

Jacques Carroget, vigneron bio dans le Muscadet et secrétaire national Viticulture bio de la FNAB

Les enjeux techniques

vignoble bio

La viticulture biologique nécessite une reflexion sur l’ensemble de son système. Les principaux enjeux techniques sont :

  • la gestion du sol et de la fertilité. Dans certains cas, le recours à l’enherbement sera nécessaire (gérer les adventices, favoriser l’activité microbienne des sols, lutter contre l’érosion) ;
  • La recherche de l’équilibre de vigueur de la vigne (notamment par la gestion de la fertilisation organique) ;
  • La mise en place de mesures prophylactiques ;
  • Une protection phytosanitaire basée sur des produits autorisés par le cahier des charges de l’AB (cuivre et soufre sont autorisés notamment) ;
  • Le remplacement complet des herbicides et des produits de synthèses (fongicides, insecticides et engrais) par des produits naturels et des produits minéraux

En viticulture, le cuivre est l’un des rares fongicides autorisés en bio et bénéficiant d’une autorisation de mise en marché (AMM) en France. Il permet la gestion du mildiou (maladie courante de la vigne) mais également de certaines maladie du bois (black rot…). Les évolutions relatives à la réglementation générales sur le cuivre aux échelles nationale et européenne présentent des enjeux majeurs pour la bio et sont sources d’incertitude quant à l’avenir de l’utilisation du cuivre. En savoir plus

En savoir plus sur les techniques viticoles biologiques

La vinification biologique

Selon l’Agence Bio, en 2015, près de la moitié des viticulteurs bio élaborent eux-mêmes leur vin à la ferme (46% des viticulteurs notifiés) et 2/3 des viticulteurs bio notifiés en 2015 déclarent vendre en direct au consommateur. La vinification est donc une partie intégrante du métier de vigneron bio. En 2015, 203 caves coopératives produisent du vin issu de raisins bio, contre 70 en 2009.

Depuis 2012, un cahier des charges précis pour la vinification biologique a été intégré au règlement européen de l’agriculture biologique.

Les circuits de mise en marché des vins bio

Source Agence Bio

Selon l’Agence Bio, la valeur des achats de vins biologiques par les ménages en France a été estimée à 670 millions d’euros en 2015, soit une progression de 17 % par rapport à 2014. Les achats de vins bio ont plus que triplé entre 2005 et 2015. En 2015, le vin bio représentait 12 % en valeur des achats de produits bio par les ménages.

Au niveau des circuits, en 2015, 41 % des ventes de vins bio (en valeur) sont effectués via la vente directe et 23 % en magasins spécialisés bio. Le secteur des vins est le seul pour lequel la vente directe est le circuit de commercialisation principal. 46% des volumes de vins bio des régions de France ont été vendus à l’étranger en 2015 (principalement pour le marché européen et l’Allemagne en 1).

15 % des volumes de vins bio vendus en France en 2015 ont été commercialisés en restauration hors domicile (RHD). En 2014, près d’un restaurateur sur deux servant à table avait du vin bio à sa carte (contre près de 2/5 en 2011). Les restaurateurs qui ont des vins bio en proposaient, en moyenne, 5 références différentes (source : CNIV – Panel CHD FACTS).

Et en Europe ?

Les principaux marchés européens pour le vin bio sont la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Autriche. Pour plus de détails, consultez les chiffres 2016 de l’Agence Bio sur la bio dans l’Union Européenne.

L’organisation de la filière

Source : Agence Bio

 

 

 

Selon une étude du cabinet AND-I commanditée par l’Agence Bio, près de 1   523 hectolitres de vins biologiques ont été mis en marché en 2015. Les AOP ont représenté 68 % des volumes de vins bio français commercialisés en 2015 et les IGP 25%.

Les circuits de vente et les acteurs sont très diversifiés comme le montre le schéma ci contre. 73 % des volumes sont commercialisés par les viticulteurs et 27 % par les coopératives. D’après les notifications 2015, 203 caves coopératives produisaient du vin issu de raisins bio, contre 70 en 2009. Ce sont principalement des coopératives mixtes produisant à la fois une gamme de vins biologiques et non bio. Plus de la moitié des volumes commercialisée par les coopératives va vers le négoce.

 

 

 

 

En savoir plus