Mosaïques – Accompagner la réduction de la taille des parcelles
Réduire la taille des parcelles agricoles est souvent perçu comme une contrainte par les agriculteur.rices. Pourtant, plusieurs études montrent que des parcelles plus petites favorisent la biodiversité et certains services écosystémiques. Le projet Mosaïques vise ainsi à donner des clés pour reconfigurer le parcellaire et chercher des pistes de financement pour le maintien des pratiques agroécologiques.
Le constat : des parcelles de taille réduite pour plus de biodiversité
Depuis les grandes opérations de remembrement engagées dans les années 60, la tendance générale dans les territoires est à l’agrandissement des parcelles dans l’objectif de rationalisation des pratiques culturales et de gain de productivité. Cette dynamique, souvent accompagnée de la disparition d’espaces semi-naturels ou infrastructures agroécologiques (IAE) (notamment haies, bandes enherbées, bandes fleuries…), a conduit à une homogénéisation des paysages agricoles, participant ainsi à l’effondrement de la biodiversité actuellement en cours.
Or, les travaux de recherche montrent que l’on observe un effet particulièrement significatif sur la préservation de la biodiversité lorsque la taille des parcelles passe sous le seuil de 6 ha. Augmenter la complexité de la mosaïque des cultures est également bénéfique pour la biodiversité, y compris en l’absence de végétation semi-naturelle entre les parcelles (haies, bandes enherbées). En effet, différents types de cultures hébergent souvent différentes espèces, et leur fournissent des ressources complémentaires.
Plusieurs stratégies complémentaires sont donc mobilisables pour réduire la taille des parcelles (ou unités culturales) :
- favoriser les mosaïques de cultures, notamment en redécoupant des grandes parcelles par l’implantation de différentes cultures ou des méthodes de culture en bandes / strip-farming ;
- implanter des espaces semi-naturels (haies, bandes enherbées, bandes fleuries) au sein des parcelles.
Le projet Mosaïques : accompagner les agriculteur.rices
Lancé en janvier 2026 pour une durée de 2 ans, le projet Mosaïques vise à accompagner la transition agroécologique des systèmes agricoles en s’attaquant à ce levier encore peu exploré qu’est la reconfiguration des parcelles. En réduisant la taille des unités culturales via une mosaïque de culture et/ou en réintégrant des infrastructures agroécologiques (haies, bandes enherbées, bandes fleuries…), il s’agit ainsi de recréer des paysages agricoles plus favorables à la biodiversité, sans compromettre la viabilité économique des exploitations.
Malgré un intérêt grandissant pour cette problématique, peu de connaissances opérationnelles sont directement disponibles pour les agriculteur.rices pour éclairer leurs décisions quant à la mise en place de ces stratégies.
Porté par un collectif de 4 ONVAR, la FNAB (pilote), la FNCUMA, TRAME et Terres en villes, le projet permettra notamment de :
- rassembler, structurer et compléter les connaissances sur les différentes implications de la mise en place de stratégies de reconfiguration parcellaire, notamment sur les conséquences économiques et organisationnelles de la taille des parcelles pour les agriculteur.ices les cultures en bandes et de la circulation contrôlée
- recueillir et analyser les témoignages d’agriculteur.rices qui ont dépassé les freins à la réduction de la taille des parcelles ou ont réussi à maintenir des tailles de parcelles réduites dans des environnements peu propices ;
- mieux cerner la diversité de profils d’agriculteur.rices concernés par la diversification paysagère, leurs difficultés pour atteindre leurs objectifs, ainsi que les difficultés aujourd’hui rencontrées par les parties prenantes susceptibles de les accompagner ;
- développer une boîte à outils opérationnelle pour les agriculteur.rices et conseiller.ères, leur permettant de définir leur propre stratégie, selon leurs motivations et leurs besoins ;
Ce projet fait notamment suite au mémoire de fin d’études réalisé par Benoît Falou, réalisé à la FNAB avec Trame et la FNCuma en 2025, afin d’apporter un éclairage sur les freins et leviers à la réduction de la taille des parcelles en croisant bibliographie scientifique, entretiens d’experts et retours de terrain d’agriculteurs.
Explorer les dispositifs de financement pour le maintien des pratiques agroécologiques
L’étude menée par le Shift Project en 2024 révèle que 93% des agriculteur.rices sont prêt.es à engager ou renforcer la transition écologique sur leur ferme, mais 87% posent une condition économique pour s’engager dans la transition. Une autre étude menée par Parlons Climat indique que 61% d’entre eux considèrent que la transition écologique du secteur agricole est une nécessité et 82% sont favorables à des aides qui encouragent à la préservation de la qualité de sols et de la biodiversité.
Cependant la plupart des dispositifs financiers en faveur de l’agroécologie concentre leur soutien sur la période, certes très délicate, de transition, laissant un vide sur le maintien à plus long terme de ces pratiques. Or d’autres conditions doivent être réunies pour sécuriser les revenus des agriculteur.rices et des opérateurs économiques sur le long terme : des débouchés suffisants en volumes et en prix, des soutiens à la production afin de reconnaître les externalités positives de ces modèles et les services rendus à la société, mais aussi des filières structurées et optimisées pour faciliter l’adéquation entre l’offre et la demande.
Dans ce projet nous explorerons les pistes de financement publics et privés permettant de consolider et de pérenniser les modèles, en particulier au niveau des fermes, mais aussi des filières qui assurent la mise en marché. Nous porterons en particulier notre attention sur les mécanismes innovants émergeant ou encore à inventer, qui mobilisent notamment de nouvelles formes de collaboration publiques-privées.
Contact : Cécile Blanc, Chargée de mission Légumes / Biodiversité à la FNAB,, cblanc@fnab.org