Des clés pour la gestion du varroa en apiculture bio

Publié le : 15 janvier 2016

Le réseau FNAB organise régulièrement des journées techniques autour de l’apiculture bio, en lien avec les apiculteurs et les partenaires techniques impliquées. L’une d’elle, organisée en Isère en 2015, a permis de travailler sur différentes méthodes de gestion du varroa : traitements d’été, acide oxalique, encagement des reines…

Journée apiculture bio du réseau FNAB à Revel-Tourdan (38)

La journée apiculture bio du 16 octobre 2015 a accueilli près de 40 personnes à Revel-Tourdan (38) : divers profils d’apiculteurs professionnels, amateurs et porteurs de projet de la région et limitrophes. Les interventions ont été très appréciées, avec une large place pour les temps d’échange au cours de cette journée. L’Institut Technique et Scientifique de l’Apiculture et de la Pollinisation (ITSAP) – Institut de l’Abeille – était présente pour présenter la structure et ses actions, notamment l’état des lieux en cours sur la filière apicole bio. Jean-Marie CÉCILIO de l’Association de Développement de l’Apiculture (ADA) Rhône-Alpes est intervenu sur la gestion du varroa en bio ; puis Marc SUBIRANA, apiculteur bio en Isère, a témoigné sur la sélection et a accueilli le groupe sur sa ferme pour une visite de ses installations.

Jean-Marie CÉCILIO donne le ton sur la gestion du varroa en introduisant : « Si vous avez du varroa visible au printemps, c’est globalement très inquiétant… », et il ajoute « les indicateurs les plus visibles sont les ailes atrophiées et le couvain désoperculé par cannibalisme ».

Ne pas négliger les traitements d’été pour une meilleure efficacité des traitements d’automne

Malgré les risques avérés de perte de miel dans le corps de la ruche, de pertes de reines et le pillage, selon Jean-Marie CÉCILIO, « le traitement au thymol l’été, permet de baisser suffisamment la pression varroa pour une bonne efficacité du traitement à l’acide oxalique en fin d’année ». Le MAQS (acide formique) permet de tuer les varroas à l’état larvaire et décale l’infestation, il a moins d’impact sur les reines, car les ruches sont très dynamiques. Selon lui, « les risques de pertes de reines lors des traitements d’été peuvent aussi amener l’apiculteur à adapter sa stratégie d’élevage, notamment en prévoyant le changement de reines à ce moment-là ».

L’acide oxalique : traitement d’hiver incontournable
L’acide oxalique est le principal traitement hivernal pour les apiculteurs bio. Ce produit agit sur le varroa, par un effet externe : il fragilise sa cuticule, et diminue la préhension du varroa sur l’abeille. Jean-Marie CÉCILIO précise « les apiculteurs rhônalpins pratiquent en général 2 traitements à 7 jours d’intervalle, mais il faut savoir qu’en Italie, ils en sont à 5 ou 6 traitements pas saison, par sublimation généralement ». Un nouveau produit est sur le marché depuis l’été 2015, il s’agit de l’API-BIOXAL à base d’acide oxalique, de sucre et de silice. Plusieurs conditionnements sont disponibles, ce qui peut être pratique pour éviter le stockage de longue durée sur l’exploitation. En revanche, le coût du produit est beaucoup plus élevé que l’utilisation d’acide oxalique pur.

L’ADARA suit également deux nouveaux produits utilisés dans d’autres pays à ce jour. L’Aluen Cap est un produit argentin qui n’a pas d’autorisation de mise sur le marché pour la France; il s’agit de bandelettes d’acide oxalique. Ce produit est en cours de test à l’ITSAP-Institut de l’abeille. La méthode de MICHELETO (originaire de Chypre) consiste également en des bandelettes d’acide oxalique avec un mélange de propolis et d’huiles essentielles. Ces produits sont à l’essai à l’ITSAP-Institut de l’abeille ou au sein des ADA.

Le blocage de ponte avec la cage Scalvini

« Il ne faut pas oublier les méthodes mécaniques, qui sont indispensables pour une bonne gestion du varroa, notamment la technique de l’encagement des reines est très intéressante ». Jean-Marie CECILIO poursuit : « Il faut au moins trois générations d’abeilles pour l’hivernage, donc un encagement en juillet au plus tard. La cage de la reine est à enfoncer au coin en haut dans le miel operculé, dans la cire de l’année, plus molle que les autres. Sinon au milieu du cadre, c’est plus compliqué, cela nécessite de découper le cadre. Il est même possible d’envisager de gaufrer les cadres avec emplacement de la cage, certains apiculteurs laissent même la cage toute l’année ». Pour les années à venir, l’ADA Rhône-Alpes souhaite expérimenter une technique italienne, à savoir le retrait du couvain, ce qui permet de retirer tous les varroas. Et avec le couvain retiré, des essaims peuvent être constitués.

Article rédigé par Julia WRIGHT, Agribiodrôme