Jean et Pierre Carmantrand – Grandes cultures, maraîchage, semences – Jura

« Retrouver une indépendance »

Installés en GAEC depuis 1987, les deux frères Jean et Pierre ont converti la ferme familiale en bio en 2000 et ont réorganisé les productions: arrêt de l’élevage bovins pour créer un atelier de production de plants maraîcher. Retour sur leur trajectoire de conversion.

 

La ferme en quelques mots

  • VILLEVIEUX (Jura) – Alt. 201 m
  • Polyculture, production de plants de légumes (3 000 m2 de serres) .
  • SAU 130 hectares, dont 114 ha de cultures
  • Création du GAEC : 1987
  • Date de conversion : 2000 .
  • 6,8 UMO (2 associés, 4,8 salariés)

Pourquoi avez-vous fait la démarche de la conversion bio ?

Une grande partie de la ferme est en zone de captage pour l’eau potable de la ville de Lons qui nous encourageait à passer en bio. Nous avions déjà fait des essais de mélanges céréales et légumineuses dès 1987. Nous avions aussi envie de voir autre chose, de casser la monotonie du métier. Enfin les subventions des contrats territoriaux d’exploitation (CTE) nous ont encouragés à faire le pas de la conversion.

Quels sont les changements techniques depuis le passage en bio ?

Nous avons investi dans du matériel de travail du sol, charrue 10 pouces, herse étrille, bineuse à doigts Kress et guidage numérique, un trieur à grain et une unité de stockage. L’assolement a évolué avec l’introduction du tournesol, des cultures associées et l’augmentation de la luzerne. Nous réalisons l’échange paille-fumier avec des centres équestres. Nous avons choisi de maîtriser la commercialisation de l’ensemble des productions. Autre changement de taille, c’est le remplacement des vaches par l’atelier « plants de légumes ».

Êtes-vous satisfaits de vos résultats économiques en bio ?

Très satisfaits. Depuis 8 ans, le revenu du GAEC a progressé de manière significative. Les prix bio ont parfois eu à subir les baisses du marché, mais la diversité des productions et plus récemment le stockage ont joué un rôle de stabilisateur du revenu.

Quels conseils donneriez-vous à un candidat à la conversion ?

C’est important de retrouver une indépendance, d’abord mentale bien sûr avant de retrouver une indépendance technique et surtout économique… Pour autant, cette indépendance ne doit pas amener à l’isolement. Par ailleurs, il ne faut pas s’affoler quand c’est un peu difficile, car sur le plan économique on n’a pas la même pression qu’en conventionnel.