La filière légume & maraichage bio

Avec 5% des surfaces nationales de légumes frais conduites en bio, la filière des légumes biologiques est en progression en France. En 2015, 24% des fermes bio produisent des légumes (7007 fermes sur 18 682 hectares). Les producteurs et maraîchers biologiques respectent un cahier des charges avec des obligations relatives aux productions végétales.

La filière légume bio se caractérise par :

  • des systèmes de production très divers : des légumiers (producteurs produisant du légume à grande échelle : > 0,5 ha /espèce, de façon fortement mécanisée) aux maraîchers diversifiés en passant par des céréaliers souhaitant diversifier leurs rotations
  • des dynamiques de développement différentes selon les territoires
  • des modes de commercialisation très variés au niveau des fermes : vente directe, vente en magasin spécialisé et circuits longs
  • des niveaux d’organisation très hétérogènes selon les territoires, avec dans les principaux bassins de production la présence d’organisations économiques de producteurs de fruits et légumes bio œuvrant à la structuration collective de l’amont

La production de légumes bio : une dynamique en progression constante

Évolution des surfaces et du nombre de producteurs de légumes frais en France. Source : Agence Bio

La filière des légumes biologiques en France est en progression constante. Selon l’Agence Bio, en 2015, on comptait près de 7007 exploitations produisant des légumes bio sur 18 682 hectares notifiés en bio. En dix ans, la filière a connu un développement soutenu : depuis 2007, le nombre de maraîchers et de producteurs de légumes bio a plus que doublé. Cette dynamique s’explique principalement par des installations en maraichage. A noter toutefois l’arrivée de surfaces dans les exploitations céréalières qui se diversifient vers le légume plein champ.

 

Les chiffres de la filière légumes frais. Source : Agence Bio

Une grande diversité de modes de production

 

 

Il existe une grande diversité de légumes conduits en bio : des légumes racines (carottes, panais…) aux légumes feuilles (épinards, blettes, salades) ou encore les légumes fruits (tomates, courges…) ou fleurs (artichauts…). Certains sont conduits à la main et d’autres produits de manière plus mécanisée.

Tout comme cette diversité de produit, la filière des légumes bio est composée de structures de production et de commercialisation variées : permaculteur, maraicher diversifié en circuit court, maraicher spécialisé, légumier de plein champ ou céréalier diversifiant sa rotation, tous les formats existent. Chaque métier possède ses spécificités.

 

 

 

Des légumes bio partout en France

On produit des légumes frais bio dans toutes les régions, des Hauts de France jusqu’en Corse !  Avec 3709 ha en 2015, la Bretagne est la première région de production : elle compte près de 20% des surfaces de légumes bio en France. Viennent ensuite la Nouvelle-Aquitaine (2545 ha), l’Occitanie (2186 ha) et Auvergne-Rhône Alpes (1789 ha). A noter qu’il y a plus de producteurs de légumes en Occitanie et en Auvergne-Rhône-Alpes que dans les deux premières régions : en moyenne, les surfaces par exploitation sont donc plus petites. Pour une présentation synthétique des chiffres par régions, cliquez ici.

Tous les chiffres par régions sur le site de l’Agence Bio

Et en Europe ?

En 2015, la production de légumes bio couvre près de 173 000 ha. La Pologne est devenue le premier pays producteur européen de légumes biologiques, la France se classe en 4e position, derrière l’Italie et l’Allemagne. Pour plus de détails, consultez les chiffres 2016 de l’Agence Bio sur la bio dans l’Union Européenne.

 

Les enjeux techniques

La production de légumes en bio demande une grande technicité. Les enjeux diffèrent s’il s’agit de convertir une ferme déjà en place ou de s’installer maraicher bio. De même, les besoins techniques des producteurs sont variables selon le système de production car maraîchers et légumiers de plein champ ne vont pas « piloter » leur système de culture selon les mêmes objectifs et approches.

  • Pour les systèmes légumiers : une conduite à l’espèce est privilégiée. Ces producteurs investissent dans du matériel coûteux, de précision et commercialisent principalement via les circuits longs, avec des exigences de qualité et de calibre spécifiques. La prise de risque est concentrée sur 2 ou 3 cultures par an. L’accompagnement technique attendu est un conseil pointu et expert à l’espèce (ITK, variété et équipement adaptés, période clé d’intervention notamment de travail du sol et semis, …)
  • Pour les systèmes maraîchers diversifiés : une conduite globale de l’exploitation tenant compte de la multiplicité des productions et de la diversité des stades de développement sera privilégiée. Les maraîchers diversifiés à travers une gamme très large (de 30 à 50 espèces) majoritairement commercialisée en circuit court présentent un système basé sur la diversité et la complexité. Une conduite globale est privilégiée pour obtenir régulièrement une production diverse sans rupture ni surplus. Le risque est réparti sur l’ensemble des espèces et séries. Le temps de travail manuel est souvent important et l’organisation complexe. L’accompagnement technique attendu doit donc être plus global et systémique : démarche et outils d’aide à la planification et organisation du travail, appui pour la mise en œuvre d’ITK simplifié (matériel polyvalent, …), appui permettant de réfléchir ces opérations techniques à l’échelle de la rotation (fertilisation, choix des rotations, …). Cela n’empêche pas des besoins très pointus sur le choix des espèces et variétés notamment.

Le réseau FNAB a développé un accompagnement technique pour répondre au mieux à ces différents besoins. Cependant, ils sont en constante évolution en lien avec le contexte réglementaire et commercial, mais aussi en lien avec un apprentissage continu entre producteurs et conseillers pour développer une offre technique toujours plus experte et adaptée aux spécificités des légumes biologiques. En savoir plus

  • Les techniques de production en maraichage bio
  • Produire des légumes plein champ (lien interview Nadou)
  • Convertir sa ferme
  • S’installer en maraichage bio

Jean Paul Gabillard

Les enjeux de la filière légumes bio par Jean Paul Gabillard, maraicher bio et secrétaire national à la FNAB

Aujourd’hui il y a un enjeu fort sur notre filière d’éviter la spécialisation par bassin de production. Il faut travailler à la relocalisation des échanges commerciaux et éviter l’écueil de la spécialisation des territoires. Il est nécessaire d’avoir une diversité de productions et de commercialisation au sein de chaque ferme pour leur résilience et leur autonomie.

En production de légumes bio, le réseau FNAB doit faire le grand écart dans l’accompagnement de structures de taille très variées: permaculteur, producteur de légumes plein champ, conversion d’ateliers de maraichage de ferme en polyculture.. C’est un défi en soi de trouver la réponse appropriée pour chacun face à cette diversité ! Nous le relevons collectivement !

Un autre enjeu concerne le travail de structuration des filières bios. Il est indispensable que le producteur continue d avoir une maitrise des prix de ses produits, et quelque soit son circuit de distribution.. long ou court !

Bref, le mot d’ordre c’est la diversité !

Une diversité de débouchés et un marché en forte croissance

2015 est une année historique pour le marché bio, avec une hausse de 700 millions d’euros du chiffre d’affaires. Trois familles de produits ont tiré les ventes bios : les fruits et légumes, le vin et l’épicerie. L’augmentation du chiffre d’affaires des fruits et légumes s’explique à la fois par des prix en progression et un effet volume.

En 2016, selon l’Agence Bio, les ventes de produits bios ont progressé de 20% par rapport au 1er semestre 2015, avec une croissance de 25% (en valeur) pour les magasins spécialisés et de 18% pour la grande distribution. Selon les prévisions, le marché bio devrait atteindre les 6,9 milliards d’euros en fin d’année.

Le marché du frais

Source Interfel

Pour les fruits et légumes bios, le marché continue sa croissance. D’après le panel Kantar WorldPanel, au cours des 8 premiers mois de 2016, les achats des 15 fruits et légumes bio les plus consommés (hors agrumes) par les ménages ont augmenté de +14 % en volume et de +19 % en valeur par rapport à la même période de 2015. Ce panel de produits comprend carotte, chou-fleur, concombre, courgette, melon, oignon, poireau, salade, tomate, kiwi, nectarine, pêche, poire, pomme et banane bios.

  • Le prix moyen de ce panel a augmenté de 3 % par rapport  au premier semestre 2015. La hausse concerne la plupart des produits
  • le nombre d’acheteurs est en augmentation depuis mai 2015
  • la demande reste globalement supérieure à l’offre

Selon une enquête volume d’Interfel, réalisée par le cabinet CHD Expert, le premier légume bio vendu en termes de volumes est la pomme de terre (près de 30 000 tonnes en 2014), puis c’est la tomate (env 20 000 T) et les carottes (env 20 000 T). Viennent ensuite les choux, les courgettes, les oignons et bulbes.

A retenir

2016 : +14% en volume, +19% en valeur sur 15 F&L bio les plus consommés

La demande supérieure à l’offre

Les 3 premiers légumes bios : pomme de terre, tomate, carotte

Les producteurs bios vendent leurs légumes par de nombreux débouchés : vente à la ferme, sur les marchés, en circuits longs. Afin de réguler au mieux la commercialisation des légumes de conservation, le réseau des professionnels de la filière ont mis en place des outils de concertation : bilan de campagne et notes de conjoncture sont disponibles 2 fois par an sur les pommes de terre biologiques.

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