La filière arboricole biologique

Une forte dynamique de conversion…qui se poursuit !

Source : Agence Bio

 

Source : Agence Bio

Avec plus de 16% des surfaces nationales arboricoles conduites en bio, la filière des fruits biologiques est une des plus dynamiques en termes de conversion en France. Selon l’Agence Bio, en 2015, on comptait près de 7693 exploitations arboricoles et 31 188 hectares notifiés en bio. En dix ans, la filière a connu un très fort développement : depuis 2007, le nombre d’arboriculteurs bio a plus que doublé.

 

Évolution des surfaces et du nombre de fermes certifiées en fruits bio, source Agence bio

Une grande diversité de fruits et de bassins de production

Source Agence Bio

Actuellement, 40% des surfaces de fruits bio sont situés en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie, les régions Auvergne-Rhône-Alpes et PACA comptant également d’importantes surfaces. Il existe une grande diversité de fruits conduits en bio : des fruits à pépins, aux fruits à noyaux mais aussi les fruits à coques ou les fruits rouges. Les productions sont réparties par grands bassins comme le montre la carte.

En 2015, avec 3752 ha, l’olive est la première production fruitière certifiée bio, puis ce sont les châtaignes (3593 ha), les noix (3517 ha) et les pommes de table (3334 ha). Les plus importantes surfaces en conversion sont sur ces productions : 20 % des surfaces d’oliviers sont en conversion en 2015, 24% pour les châtaignes et 23% des surfaces de pommes. Retrouvez le tableau national du nombre d’exploitations et des surfaces en bio par fruit ici. Tous les chiffres par régions sur le site de l’Agence Bio

Et en Europe ?

En 2015, le verger biologique européen s’étend sur plus de 830 000 ha, principalement répartis sur le pourtour méditerranéen. En effet, les oliveraies représentent plus de la moitié de ces surfaces arboricoles biologiques en Europe. L’Espagne et l’Italie regroupent la majorité des surfaces de vergers (respectivement 39 % et 32 %), alors que la France occupe la 6e place. Pour plus de détails, consultez les chiffres 2016 de l’Agence Bio sur la bio dans l’Union Européenne.

Les défis de la filière

Philippe Sfiligoi

« Pour la pomme, il me semble que l’enjeu est de se préparer à l’arrivée des conversions. Beaucoup de producteurs conventionnels sont au bout de leur système et nous avons vraiment besoin d’anticiper, d’organiser notre marché, de connaître les stocks en début de campagne et la progression du déstockage en cours de saison. Notre filière doit être capable de répondre à la hausse de la consommation, sans déstabiliser le marché par une pénurie ou un excès de produits.  Un vrai défi de l’ensemble des acteurs de notre filière : producteurs, metteurs en marché et distributeurs ! »

Philippe Sfiligoi, secrétaire national arboriculture bio

Les enjeux techniques

La production de fruits en bio demande une grande technicité. Les enjeux diffèrent s’il s’agit de convertir un verger déjà en place ou d’implanter un nouveau verger dont la conception peut être revue pour être mieux adaptée à la production biologique. De nombreuses espèces peuvent être conduites en bio mais il est nécessaire de remplacer le réflexe « un problème = une solution » par le raisonnement un « problème = des causes à identifier et à réduire » (Gilles Libourel, in Produire des Fruits biologiques, ITAB 2005).

Les enjeux techniques en arboriculture biologique :

  • La recherche d’équilibres biologiques pour favoriser la biodiversité et minimiser la lutte directe (aménagement des parcelles, haies, etc.)
  • La recherche d’un équilibre de l’arbre : entre rendement et faible pression de maladies
  • La recherche de variétés plus adaptées à la production biologique qui conviennent à la fois aux besoins des producteurs (résistance maladies, moniliose, tavelure, gestion de l’alternance…) et aux besoins du consommateurs (qualités gustatives, nutritionnelles)
  • La recherche d’alternatives, principalement au cuivre (huiles essentielles, …)
  • La gestion du sol et la fertilisation pour favoriser une activité biologique qui mettra à disposition les éléments nutritifs

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Une diversité de débouchés et un marché en forte croissance

2015 est une année historique pour le marché bio, avec une hausse de 700 millions d’euros du chiffre d’affaires. Trois familles de produits ont tiré les ventes bio : les fruits et légumes, le vin et l’épicerie. L’augmentation du chiffre d’affaires des fruits et légumes s’explique à la fois par des prix en progression et un effet volume. En 2016, selon l’Agence Bio, les ventes de produits bio ont progressé de 20% par rapport au 1er semestre 2015, avec une croissance de 25% (en valeur) pour les magasins spécialisés et de 18% pour la grande distribution. Selon les prévisions, le marché bio devrait atteindre les 6,9 milliards d’euros en fin d’année.

Les arboriculteurs bios vendent leurs fruits par de nombreux débouchés : vente à la ferme, sur les marchés, en circuits longs. Afin de réguler au mieux la commercialisation des fruits de conservation comme les pommes et les poires, les professionnels de la filière ont mis en place des outils de concertation.

Le marché du frais

Pour les fruits et légumes bios, le marché continue sa croissance. D’après le panel Kantar WorldPanel, au cours des 8 premiers mois de 2016, les achats des 15 fruits et légumes bio les plus consommés (hors agrumes) par les ménages ont augmenté de +14 % en volume et de +19 % en valeur par rapport à la même période de 2015. Ce panel de produits comprend carotte, chou-fleur, concombre, courgette, melon, oignon, poireau, salade, tomate, kiwi, nectarine, pêche, poire, pomme et banane bios.

  • Le prix moyen de ce panel a augmenté de 3 % par rapport  au premier semestre 2015. La hausse concerne la plupart des produits.
  • Le nombre d’acheteurs est en augmentation depuis mai 2015.
  • La demande reste globalement supérieure à l’offre.

Selon une enquête volume d’Interfel, réalisée par le cabinet CHD Expert, le premier fruit bio vendu en termes de volumes est la banane (près de 64 000 T en 2014), puis c’est la pomme (environ 50 000 T) et les agrumes (environ 35 000 T). Viennent ensuite les kiwis, les poires, les abricots et le raisin de table.

A retenir

En 2016 : +14% en volume, +19% en valeur sur 15 Fruits et Légumes bios les plus consommés
La demande est supérieure à l’offre
Les 3 premiers fruits bio les plus consommés : banane, pomme et agrume

Le marché de la transformation

Des vergers dédiés à la filière de la transformation se développent, notamment en pomme pour les jus, le cidre ou les compotes. Les oliveraies et les châtaigneraies rentrent dans ce cadre.

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