Transmettre autrement – La restructuration des fermes
En 2023, la FNAB, Terre de Liens et la Fondation pour la Nature et l’Homme ont étudié 12 fermes qui étaient initialement en élevages bovins, porcins, avicoles ou ovins/caprins et qui avaient déjà mis en place ou étaient en cours de mise en œuvre d’un processus de restructuration !
Des fermes d’élevage difficilement transmissibles
30 % des élevages ont disparu entre 2010 et 2020 et le nombre d’installés ne compensent que 2/3 des départs. La difficile transmission des élevages s’explique par de nombreux facteurs :
- Une inadéquation entre l’offre de fermes à céder et la demande des porteurs de projet du fait de la taille des exploitations, des types de productions et des perspectives en termes de qualité de vie au travail ;
- La difficile accessibilité financière des fermes du fait d’une hausse des actifs immobilisés et du prix des terres agricoles ;
- La faible attractivité du métier d’éleveur.
Face à ces problématiques, certains cédants et/ou repreneurs choisissent une restructuration ! Parfois la restructuration intervient en cours de carrière.
« Quand je me suis installé, mon premier choc a été d’être tout seul. Je me suis dit que je pouvais augmenter la productivité et retrouver du lien social sur la ferme grâce à la diversification, qui a finalement ramené du monde » Gilles de la Ferme des Petits Chapelais
Qu’est-ce que la restructuration ?
La restructuration, ou restructuration-diversification, peut être définie comme une reconception des exploitations agricoles à travers la réorientation de la conduite de l’activité (mode de production, commercialisation), de la production principale (changement d’atelier), de l’usage des bâtiments et des terres. Cette réorientation se traduit généralement par une déspécialisation, c’est-à-dire un arrêt de la monoproduction, au profit d’une diversification des productions de la ferme.
Elle a souvent pour effet :
- Le maintien ou l’augmentation des actifs agricoles (multiplication par 3,4 du nombre d’ETP) ;
- L’amélioration des conditions de vie et de travail ;
- L’installation de porteuses et porteurs de projet non-issus du milieu agricole (NIMA) ;
- L’accélération de la transition agroécologique (toutes les fermes étudiées sont en agriculture biologique) ;
- La contribution au dynamisme des territoires.
La restructuration est un phénomène encore minoritaire mais qui tend à se multiplier, permettant ainsi la transmission de fermes d’élevage qui n’auraient sinon pas trouvé repreneur.
« Le travail en collectif est une force sur le plan humain, on peut s’entraider dans les périodes difficiles » Emmanuel de la Ferme de la Varde
« En travaillant à 2 sur l’atelier bovin lait, cela permet que chacun ait un weekend sur deux de libre » Axel de la Ferme de la Paverie
Quelques exemples de restructuration


