Rapport FNAB sur le coût des contaminations de cultures non-cibles
Un nouveau rapport de la FNAB, réalisé dans le cadre du projet GeRiCo avec le soutien du programme Ecophyto, évalue pour la première fois l’ampleur financière des contaminations par des pesticides rémanents ou volatils. Les résultats révèlent des pertes annuelles estimées entre 0,8 et 2,9 millions d’euros, subies par plusieurs centaines d’agriculteurs chaque année.
Depuis plusieurs années, les producteurs biologiques sont confrontés la contamination de leurs cultures par des pesticides rémanents dans les sols (tels que DDT, aldrine, lindane…) ou par des substances volatiles pouvant voyager sur plusieurs kilomètres (prosulfocarbe, pendimethaline…). Dans ces situations, aucun responsable direct n’est identifiable, ce qui rend impossible toute indemnisation.
À la demande des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique, la FNAB et ses partenaires (Itab, Synabio, Ecocert) ont mené un travail inédit de chiffrage afin d’évaluer les besoins d’un fonds national d’indemnisation.
La méthodologie repose sur trois étapes :
- La construction d’une liste de 17 substances actives rémanentes et volatiles. Ce travail s’appuie sur la consultation des pouvoirs publics et de l’INRAE, en complément d’une revue des dernières études internationales traitant du sujet.
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La recherche de ces substances dans les données de contamination des organismes certificateurs. En nous appuyant sur les données de contaminations d’Ecocert de ces 7 dernières années, nous sommes parvenu à savoir combien de cas de contamination liés à ces molécules étaient recensés chaque année. Un certain nombre de facteurs d’incertitude ont été pris en compte, permettant d’aboutir à une estimation comprise entre 100 et 300 cas de contamination annuellement.
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La détermination du préjudice individuel moyen. Deux enquêtes ont été menées auprès des producteurs bio (en 2018 et 2025), totalisant 110 témoignages de contamination. Ces enquêtes établissent un préjudice moyen par contamination de 7 700 € à 9 600 €, avec de fortes variations selon les filières (6 600 € pour les grandes cultures, jusqu’à 13 600 € en arboriculture et viticulture).
En croisant ces données, le rapport estime le besoin annuel d’un fonds entre 772 000 € et 2,8 M€. A noter que ce chiffre ne prend pas en compte certains coûts indirects : les analyses de sols, les mesures de contournement ou d’adaptation, le changement de parcelle ou même l’abandon d’activité.
Cette étude constitue une première pierre pour nourrir les réflexions de la mission d’inspection générale prévue dans le cadre du plan Ecophyto 2030, et vise à sécuriser les producteurs bio face à un risque aujourd’hui invisible et non couvert.
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