La filière grandes cultures bio

Les grandes cultures biologiques représentaient fin 2015 2,5% des surfaces totales de grandes cultures en France, avec une dynamique de conversion très forte en particulier depuis 2015.  Suite à 2 ans de fortes conversions, la surface de grandes cultures bio et en conversion fin 2016 est estimée à 360 000 hectares.

Les grandes cultures bio : une filière en progression

Les chiffres des grandes cultures bio en 2015 (Source Agence Bio)

Avec 2,5% des surfaces nationales de grandes cultures conduites en bio fin 2015, la filière est en croissance. Son potentiel de progression reste néanmoins important.

Selon l’Agence Bio, fin 2015, on comptait 11 154 fermes et 298 000 hectares engagés en bio. Sur ces 298 000 ha, 92 000 étaient en conversion. Fin 2016, selon les 1ères estimations, les surfaces engagées s’élevaient à 360 000 hectares.

Depuis 2007, le nombre de fermes bio en grandes cultures a doublé, passant de 5200 à plus de 11 000 fermes en 2015. Pendant la même période, les surfaces certifiées bio ont doublé, et les surfaces bio et en conversion ont quant à elles plus que doublé.

Une accélération des conversions depuis 2015

Les engagements de fermes productrices de grandes cultures ont connu un développement sans précédent depuis 2 ans. En 2015, le rythme des conversions s’est fortement accéléré et selon les 1ères estimations, cette dynamique s’est maintenue en 2016. Ainsi on compte:

  • 1400 nouvelles fermes de grandes cultures engagées en bio en 2015 (soit une hausse de 15% par rapport à 2014)
  • + 69 000 hectares engagées en bio en 2015, soit une hausse de 31% par rapport à 2014 ; + 60 000 hectares supplémentaires en 2016 (estimation)

Ainsi, en 24 mois, avec 130 000 hectares entrés en conversion, les surfaces engagées en bio ont progressé de 60%, passant de 230 000 ha début 2015 à environ 360 000 ha fin 2016.

Cette perspective de récolte certifiée bio à partir de 2018 permettrait de répondre à une demande croissante du secteur tant en alimentation humaine qu’en alimentation animale.

Les principales grandes cultures bio

Les céréales représentent environ 75% des surfaces en grandes cultures bio. Le blé tendre représente environ 30% des surfaces en céréales bio, et 22% des surfaces en GC bio.

Les chiffres des grandes cultures bio 2015 (Source Agence Bio)

Où trouve-t-on des grandes cultures bio ?

Les surfaces de grandes cultures engagées en bio en 2015 (ha)

On trouve des grandes cultures bio dans tous les bassins de grandes cultures. Les surfaces les plus importantes et les conversions récentes les plus massives sont dans le Sud-Ouest, mais également en Bourgogne-Franche-Comté, en Pays de la Loire et dans la région Centre-Val de Loire.

Et en Europe ?

En 2015, ce sont plus de 2,17 millions d’hectares de céréales (1,7 million ha), oléagineux (210 000 ha) et protéagineux (240 000 ha) qui sont conduits en bio dans l’Union Européenne. Pour ces trois types de cultures, la grande majorité des surfaces (73%) est situé en France, Italie, Allemagne, Espagne, Roumanie, Autriche, Pologne et Suède.

Avec 290 000 ha soit 13% des surfaces européennes, la France est le premier pays producteur de céréales et oléo-protéagineux.

Le blé tendre, épeautre compris, est la céréale biologique la plus cultivée en Europe (480 000 ha).

Pour plus de détails, les chiffres 2016 de l’Agence Bio sur la bio dans l’Union Européenne.

 

   Enjeux et atouts des filières grandes cultures bio

L’enjeu de la filière grandes cultures bio est de répondre à une demande non satisfaite et en progression des consommateurs et des opérateurs : il faut continuer à encourager les conversions ! D’autant que l’on a une filière économique solide et structurée :

  • Des exploitations très diversifiées dans leur assolement avec des rotations longues, ce qui permet une meilleure résilience/adaptabilité du système de culture.
  • Des filières avec un marché physique et non spéculatif, et donc des prix beaucoup plus stables qu’en conventionnel.
  • Des fermes viables sur des surfaces plus petites en bio, permettant de répondre à l’enjeu installation-transmission.

Et surtout, face à une société qui demande une autre agriculture, les entreprises agricoles des filières bio permettent de répondre à l’attente citoyenne des consommateurs (enjeu de biodiversité, d’environnement, de santé) et donc d’être en adéquation avec la société de demain.

Guillaume Riou, polyculteur bio dans les Deux-Sèvres et secrétaire national grandes cultures bio à la FNAB

Une demande en forte croissance

La demande grandes cultures bio en France dépasse la production, et elle est en hausse.

Une demande croissante des transformateurs

La mise en œuvre des grandes cultures par les transformateurs a augmenté, pour les meuniers comme pour les fabricants d’aliments du bétail (source FranceAgriMer) :

  • par les meuniers : +19 % pour le blé tendre
  • par les fabricants d’aliments du bétail (FAB) :
    • céréales : +49 % de blé tendre, +28 % d’orge : +8 % de triticale.
    • protéagineux : +27 % de féverole, + 31 % de pois.

Une consommation finale en hausse

  • Les « produits d’épicerie » sont consommés par 51 % des consommateurs bio, notamment les pâtes, le riz et autres céréales (par 34 % des consommateurs de produits bio).
  • La consommation bio pour les céréales, légumineuses et produits associés a presque doublé en un an : 38 % de consommateurs en 2016, vs 20 % en 2015. (source Agence Bio)

Ainsi la hausse de la consommation de produits bio contenant des céréales « tire » la production ; ainsi que, indirectement, la consommation de produits animaux bio, dont la production nécessite des grandes cultures pour nourrir les animaux : notamment les œufs bio, dont la filière est déjà bien développée, et le porc bio, dont la filière est en cours de développement.

Une filière qui importe

La France a importé environ 50 000 tonnes de blé meunier en 2015, et les importations sont estimées à 75 000 tonnes en 2016, les mauvaises récoltes liées aux aléas climatiques ayant contrecarré les hausses de surfaces.

Quelques chiffres sur le marché bio français de produits issus de grandes cultures

  • Le marché français des produits de boulangerie et pâtisserie fraîche bio a été estimé à 394 millions € en 2015 (+9 % vs 2014).
  • Le marché français des huiles bio (huile d’olive exclue) a été évalué à 29 millions €. (source Agence Bio)

Source « CP Agence Bio : la bio change d’échelle en préservant ses fondamentaux » : téléchargeable ICI