Castration des porcs bio – réglementation 2022

Publié le : 30 novembre 2021

A partir du 1e janvier 2022, une nouvelle réglementation encadrera la castration des porcelets :

  • la castration à vif sera interdite.
  • la possibilité de continuer à castrer sera conditionnée à la signature d’un contrat entre éleveur et abatteur, sauf dans des cas précis qui sont présentés ci-dessous

La FNAB se mobilise depuis plusieurs mois pour faire entendre la voix des éleveurs et éleveuses bio et la nécessité de prendre en compte les réalités de terrain dans la mise en œuvre de cette nouvelle réglementation.

Cet article présente une synthèse des différents aspects de cette nouvelle réglementation.

Toutes les informations de ce document sont valables à la date du 30/11/2021. Elles sont susceptibles d’évoluer sur certains points. Nous vous en informerons en ce cas.

La rédaction de cet article a été rendue possible par le soutien du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, à travers les fonds CAS DAR, qui financent le déploiement du projet FARINELLI (plus d’informations en cliquant sur ce lien), copiloté par l’ITAB, la FNAB et FOREBIO.

Le nouveau cadre réglementaire

Obligation d’anesthésie et d’analgésie lors de l’acte de castration

  • A compter du 1e janvier 2022, la castration à vif des porcelets sera interdite
  • Seule la castration avec anesthésie et analgésie sera autorisée
  • La castration sous anesthésie locale pourra être réalisée par le détenteur des porcs ou ses salariés
  • Cet acte devra être réalisé durant les 7 premiers jours de vie du porcelet. Au-delà, le vétérinaire devra intervenir.

Cette obligation s’appliquera à tous les détenteurs de porcs en France.

Quelle sont les implications en élevage bio ?

  • La bombe à froid, qui était largement utilisée en bio pour prendre en charge la douleur, n’est pas considérée comme suffisante par la nouvelle réglementation. Les éleveurs bio vont donc devoir adapter leurs pratiques ».
  • Les traitements anesthésiques et analgésiques sont assimilés à des traitements obligatoires. Ils ne seront pas comptabilisés dans le nombre limité d’interventions allopathiques de synthèse.

Obligation de contractualisation

La possibilité de continuer à castrer sera conditionnée :

  • au respect d’un cahier des charges imposé pour l’obtention d’un signe de qualité (la bio n’est pas concernée)

ou

  • à une exigence de qualité de l’acheteur, cette exigence devant figurer dans un contrat de vente entre l’éleveur et l’acheteur d’une durée de 3 ans minimum

Concrètement : un éleveur bio qui vend des porcs en filière longue pourra continuer à castrer si c’est une demande de son acheteur et si un contrat de vente d’une durée de 3 ans est signé avec ce même acheteur.

La FNAB va proposer des modèles de contrat que les éleveurs pourront soumettre à leurs acheteurs si besoin.

3 exceptions sont prévues. La contractualisation obligatoire ne s’appliquera pas :

  • aux éleveurs en vente directe
  • aux éleveurs dont le chiffre d’affaires généré par la vente de porcs est inférieur à 10 000 euros*
  • aux acheteurs dont le chiffre d’affaires généré par la vente de viande de porc est inférieur à 780 000 euros.*

*Ces seuils seront définitivement fixés par un arrêté en conseil d’Etat dans les prochaines semaines. S’ils évoluent, l’article sera mis à jour.

En résumé

 

Je suis engraisseur. Quelles sont les démarches à mettre en place vis-à-vis du naisseur qui me fournit en porcelet ?

Des précisions sont attendues de la part de l’administration.

Cet encadré sera mis à jour.

Protocoles et formation

Quels sont les protocoles à mettre en œuvre pour castrer ?

Un protocole est validé à ce jour. Il est présenté et décrit dans un module en ligne sur le site de l’IFIP.

>A consulter sur ce lien.<<

Un deuxième protocole a été testé mais le produit anesthésiant (trisolfen) n’a pas obtenu son Autorisation de Mise sur le Marché au niveau européen.

Ci-dessous une présentation rapide du protocole lidocaïne / meloxicam :

Protocole : lidocaïne et meloxicam
Présentation La lidocaïne est une solution anesthésiante à injecter dans chaque testicule à l’aide d’une seringue adaptée.

Le meloxicam est un analgésique à injecter dans l’échine du porcelet

Le temps d’attente – point important
Il faut attendre 5 minutes minimum entre l’injection de la lidocaïne et la castration.

A-t-on des retours terrain sur la faisabilité du protocole ?

Oui mais peu.

Dans le cadre du projet FARINELLI, coordonné par la FNAB, l’ITAB et FOREBIO, 3 essais ont été organisés. .

>>Voir les premiers retours ici.<<

2 autres essais sont prévus d’ici la fin de l’année.

La FNAB souhaite par ailleurs poursuivre l’exploration de nouveaux protocoles, notamment en intégrant davantage de phytothérapie et d’huiles essentielles.

Qu’en est-il de la castration chimique ?

La castration chimique ou immunocastration a été jugée incompatible avec l’agriculture biologique par le Commissaire européen à l’agriculture. En France, les professionnels de la filière l’ont formellement interdite dans le guide de lecture.

Comment faire mes castrations à compter du 1er janvier 2022

  • Un module de formation en ligne (sur ordinateur) sera bientôt disponible :
    • Module à consulter sur le site internet de l’IFIP
    • Contenu : présentation des 2 protocoles
    • Durée : 30 à 45 minutes
    • Gratuit
    • A visionner obligatoirement avant le premier chantier de castration en 2022
    • Toute personne amenée à castrer des porcs (éleveurs, salariés) devra suivre ce module. Le visionnage est individuel (se munir de son indicateur de marquage). A l’issue du visionnage, une attestation de suivi individuelle (éleveurs, salariés) sera délivrée et sera necessaire pour acheter les anesthésiants. Ce document devra être présenté en cas de contrôle. Le visionnage peut être collectif uniquement s’il est organisé par le vétérinaire. Dans ce cas le vétérinaire remet une attestation de suivi sous format papier à l’éleveur.
  • La formation sur site
    • par le vétérinaire référent de l’élevage
    • à suivre obligatoirement dans les 6 mois après le visionnage du module en ligne
    • gratuit – les éleveurs et éleveuses n’auront pas à avancer l’argent. Plus d’infos à venir sur le dispositif financier pour pouvoir bénéficier de cette visite gratuite.